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jeudi 8 octobre 2009

Le Quadrille du K.K.


"J'ai créé **** sous forme de KK il a 7 ans. A cette époque, il fallait débourser 3 millions de yens pour ce faire, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui." (lu sur l'internet)


J'ai créé mon entreprise
Sous forme, écoutez-moi bien,
De K.K., ne vous la frise
(Et nul sous-entendu freudien).

Sous forme, écoutez-moi bien,
De petite crotte grise
Que m'envient tant de plébéiens
Quand ils ne sont pas fin ivres ;

De K.K., ne vous la frise
Ce qui demande de l'entretien
Surtout en ces temps de crise :
Fuyons les crypto-staliniens.

Et nul sous-entendu freudien :
Cette aventure me grise
Plus que frayer avec les chiens,
Tous ces losers qui m' les brisent.

Raoul Visage

mercredi 22 juillet 2009

L'art de la pêche.




Le spectacle est surprenant. En hiver et au début du printemps, de nombreux cars quittent les centres-villes et se rendent dans de petits villages de campagne. Souvent, sur le parking, de charmantes dames avec un beau chapeau en forme de pêche les accueillent, sans doute les filles et tantes du mac réquisitionnées pour la pleine saison. Une fois descendu du car, les visiteurs reçoivent dix boîtes de préservatifs puissamment lubrifiés, un slip en peau de gorille et s’enferment pendant 20 à 30 minutes dans des tentes en vinyle. Il s’agit du rituel du métaphorique momogari (桃狩り), ou l’orgie de "pêches", baptisée ainsi grâce à l'évocatrice présentation des pêches dans les supermarchés japonais ainsi qu'aux audaces télévisuelles de la "porn food" (quiconque a déjà regardé une émission de télé japonaise sur la nourriture devrait comprendre).

Les japonais cultivent leur pêche sous slip pendant l’hiver. De nombreuses japonaises considèrent que la pêche est le plus « mignon » des fruits. Le caractère pêche (桃, momo) est d’ailleurs autorisé pour les prénoms, et semble connaître un certain succès : quoi de plus mignon que de nommer Momoko-chan sa petite fille, même si c'est sans doute la prédestiner à un bien vénal destin.
(rien de moins gratuit que cette remarque : Momoko est un prénom/surnom fort répandu chez les kyabajô et nombres de snacks, esute salons etc. s'appellent "Momo").

Toutefois, plutôt qu'à Kabukichô où ils sont très fréquents, les vrais amateurs se rendent dans les momogari à la campagne. On peut en effet privatiser sa section de lupanar, environ 1 mètre par personne, soigneusement délimité par l"huissier aux pêches" (sic). Ce n’est pas bon marché puisqu’il en coûte souvent environ 20 000 yens par personne.

Les fêtards disposent alors de 20 à 30 minutes pour pratiquer un maximum de fesses, en s'épongeant la tige dans ces délicieux fruits. L'auteur de cet article en a fourré une bonne soixantaine de taille respectable. Même avec ce bon appétit, le tarif d’entrée peut sembler important. Mais les pêches proposées sont beaucoup plus joliment duvetées, et sucrées, que celles du commerce urbain, car elles ont muri en plein air, et pas dans les méandres malsains des mégalopoles surpolluées.

Les amateurs de perversions peuvent aussi se rendre au hanamizugari (鼻水狩り, morve à volonté, en hiver), futorugari (フートル狩り, foutre à volonté, nous contacter pour la disponibilité), nikutsubogari (肉壷狩り, vagins à volonté, théoriquement toute l'année), ou maragari (魔羅狩り, pénis à volonté, nous contacter), mais ceux –ci sont plus confidentiels. Les gerogari (ゲロ狩り, vomi à volonté, le dimanche matin avant le premier métro) et les gerigari (下痢狩り, diarrhée à volonté, toute l'année sur de nombreux blogs consacrés au Japon) ont par contre plus de succès. On se prend à rêver qu’avec la crise, et malgré un respect nécessaire de la clandestinité, certains tenanciers de bordel français organiseront des journées « open bordel » dans nos plus beaux quartiers : bourgeoises occasionnelles, forains et professeurs d'université de France feraient des «gari» fabuleux.

Une enquête de Pierre-Alain Xantrailles, en collaboration avec la cellule Cool Biz du Syndrome de Tokyo.
A lire aussi : un article bien documenté et de qualité sur le pendant gustatif du momogari : le ichigogari, sur le blog d'Uchimizu que nous saluons amicalement au passage.

jeudi 2 avril 2009

la méthode "Toby du Japon" pour les nuls


PRODUITS PHARES DE LA TOBY corp.


BOITE A CACA Modele 女性用



BOITE A CACA Modele 男性用/standard


Les photos parlent d'elles-même. Avec ces produits novateurs alliant confort, ingéniosité et design, la jeune TOBY corp. a réalisé un coup de maître. Indispensable accessoire de toute promenade en forêt, utilisée également au bureau (la mode de l'Open Space a balayé une trop contre-productive pudeur en permettant aux employés de faire leurs besoins sans quitter leur espace de travail), en phase avec les considérations écologiques les plus actuelles, la boîte à caca TOBY est un must. Depuis sa mise en vente, on se l'arrache partout, et particulièrement dans les plus branchées des rues de Daikanyama (que certains ont depuis rebaptisé plaisamment "Daibenyama"). L'esthétique remarquable des produits à réussi à conquérir la clientèle "bohème" des quartiers hype aussi bien que les familles et les "parasite singles" en forte augmentation dans l'archipel nippon. Seul bémol, mais tellement insignifiant que nous hésitons à le relater : on apprend que les enfants japonais détournent régulièrement les fonctions d'origine de la boîte à caca TOBY, menaçant sporadiquement la salubrité publique. Mais ne soyons pas pessimistes, ces incidents ne sauraient infléchir une trajectoire si brillante : la réussite est là, et soyons assurés que TOBY corp n'en restera pas à ce météore.

Profitons-en pour remercier la crise économique : celle-ci a rendu absolument nécessaires pour tout un chacun la prise de risque et l'innovation. Deux principes illustrés avec panache par la TOBY corp ! La cellule COOL BIZ du Syndrome de Tokyo, dont la fonction est d'œuvrer pour le développement de l'esprit d'entreprise chez les victimes de ce syndrome, ne saurait que vivement encourager ce type de volontarisme. Les névropathes devraient réfléchir à ce nouveau pari pascalien : n'ont-ils pas tout à gagner ? N'est-ce pas plus positif et rémunérateur que de s'embourber dans le cercle visqueux des passions tristes et abouliques ? Inspirons-nous de la TOBY corp !

Que nos lecteurs prennent néanmoins la peine de lire notre ultime remarque : cet état d'esprit énergique et audacieux, s'il est nécessaire au succès, n'est pas le seul ingrédient mobilisé par ces réussites éclatantes. Il est plus que conseillé d'établir dès le départ, et même bien longtemps avant la mise en vente des produits, un solide plan de com' qui ne devra négliger aucune possibilité offerte par l'internet du web 2.0. La mise en ligne d'un blog stratégiquement égotiste est une des clés du succès. Mais lisons plutôt la façon de procéder :

"De nombreux jeunes ont intégré ces nouvelles contraintes [celles de la visibilité/traçabilité sur internet, NDR] dans leur stratégie de gestion de carrière. Ils créent des blogs prétendument intimes, dont le ton et le contenu sauront plaire aux employeurs et aux recruteurs : un mélange d'anecdotes, d'autopromotion, de "coups de coeur" pour un produit ou une marque, de comptes rendus d'événements "corporate"... [...] Leur vie sur Internet ressemble à un interminable entretien d'embauche."
("Nos vies sur internet, à perpète", sur l'immonde.fr.)

Sur un mode moins professionnel que la gamme "Boîte à caca" de chez TOBY corp., une autre illustration de l'ingéniosité dont fait preuve l'ascendante et culottée "Génération Japon", la boîte à bento, qui témoigne aussi du climat de saine émulation entre PME françaises implantées au Japon et qui oeuvrent sur des créneaux fortement concurrentiels. Gageons tout de même que la TOBY corp., fer de lance de l'audace, remportera la mise !

Henri de Pourtalès, cellule COOL BIZ
pour Syndrome de Tokyo