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jeudi 2 avril 2009

la méthode "Toby du Japon" pour les nuls


PRODUITS PHARES DE LA TOBY corp.


BOITE A CACA Modele 女性用



BOITE A CACA Modele 男性用/standard


Les photos parlent d'elles-même. Avec ces produits novateurs alliant confort, ingéniosité et design, la jeune TOBY corp. a réalisé un coup de maître. Indispensable accessoire de toute promenade en forêt, utilisée également au bureau (la mode de l'Open Space a balayé une trop contre-productive pudeur en permettant aux employés de faire leurs besoins sans quitter leur espace de travail), en phase avec les considérations écologiques les plus actuelles, la boîte à caca TOBY est un must. Depuis sa mise en vente, on se l'arrache partout, et particulièrement dans les plus branchées des rues de Daikanyama (que certains ont depuis rebaptisé plaisamment "Daibenyama"). L'esthétique remarquable des produits à réussi à conquérir la clientèle "bohème" des quartiers hype aussi bien que les familles et les "parasite singles" en forte augmentation dans l'archipel nippon. Seul bémol, mais tellement insignifiant que nous hésitons à le relater : on apprend que les enfants japonais détournent régulièrement les fonctions d'origine de la boîte à caca TOBY, menaçant sporadiquement la salubrité publique. Mais ne soyons pas pessimistes, ces incidents ne sauraient infléchir une trajectoire si brillante : la réussite est là, et soyons assurés que TOBY corp n'en restera pas à ce météore.

Profitons-en pour remercier la crise économique : celle-ci a rendu absolument nécessaires pour tout un chacun la prise de risque et l'innovation. Deux principes illustrés avec panache par la TOBY corp ! La cellule COOL BIZ du Syndrome de Tokyo, dont la fonction est d'œuvrer pour le développement de l'esprit d'entreprise chez les victimes de ce syndrome, ne saurait que vivement encourager ce type de volontarisme. Les névropathes devraient réfléchir à ce nouveau pari pascalien : n'ont-ils pas tout à gagner ? N'est-ce pas plus positif et rémunérateur que de s'embourber dans le cercle visqueux des passions tristes et abouliques ? Inspirons-nous de la TOBY corp !

Que nos lecteurs prennent néanmoins la peine de lire notre ultime remarque : cet état d'esprit énergique et audacieux, s'il est nécessaire au succès, n'est pas le seul ingrédient mobilisé par ces réussites éclatantes. Il est plus que conseillé d'établir dès le départ, et même bien longtemps avant la mise en vente des produits, un solide plan de com' qui ne devra négliger aucune possibilité offerte par l'internet du web 2.0. La mise en ligne d'un blog stratégiquement égotiste est une des clés du succès. Mais lisons plutôt la façon de procéder :

"De nombreux jeunes ont intégré ces nouvelles contraintes [celles de la visibilité/traçabilité sur internet, NDR] dans leur stratégie de gestion de carrière. Ils créent des blogs prétendument intimes, dont le ton et le contenu sauront plaire aux employeurs et aux recruteurs : un mélange d'anecdotes, d'autopromotion, de "coups de coeur" pour un produit ou une marque, de comptes rendus d'événements "corporate"... [...] Leur vie sur Internet ressemble à un interminable entretien d'embauche."
("Nos vies sur internet, à perpète", sur l'immonde.fr.)

Sur un mode moins professionnel que la gamme "Boîte à caca" de chez TOBY corp., une autre illustration de l'ingéniosité dont fait preuve l'ascendante et culottée "Génération Japon", la boîte à bento, qui témoigne aussi du climat de saine émulation entre PME françaises implantées au Japon et qui oeuvrent sur des créneaux fortement concurrentiels. Gageons tout de même que la TOBY corp., fer de lance de l'audace, remportera la mise !

Henri de Pourtalès, cellule COOL BIZ
pour Syndrome de Tokyo

mardi 9 décembre 2008

UCHI ET TOBBY



Se trouvent en présence le nageur et la femelle de requin, sauvée par lui. Ils se regardèrent entre les yeux pendant quelques minutes ; et chacun s’étonna de trouver tant de férocité dans les regards de l’autre. Ils tournent en rond en nageant, ne se perdent pas de vue, et se disent à part soi : « je me suis trompé jusqu’ici ; en voilà un qui est plus méchant.
Les Chants de Maldoror, chant deuxième.

Est-il certain que la sentence qui s’abat sur le triste chef du petit Uchi, « symptôme ordinaire dans la sphère du japonisme aigü franco-français » soit si juste qu’elle semble l’être, à première vue ? Stéréotypes éculés, rengaines pue-de-la-gueule, abattis de théories mille fois ressassées, clichés rances : nous en convenons, c’est le pain quotidien que réserve l’édifiante lecture du Morve-blog d’Uchi qui figure au panthéon des jocrisseries nippophiles. Médiocrité si accablante qu’elle est le signe d’un désespoir attesté par la recherche fébrile et constante par Uchi d’une reconnaissance, d’une validation même infamante marquée du sceau de ceux qui en sont, et qu’il admire et envie (si peu) secrètement.
Alors, de quoi Uchi est-il le nom ?

Uchi, trop naïf agneau, pourquoi es-tu allé frotter ta laine, en plongeant dans les eaux troubles où il sévit, contre le squame rugueux du Dersal ? Nous l’avions crainte, cette manoeuvre suicidaire. Tu as mesestimé cet animal de proie fourbu de croquer les tendres maquereaux qui s’offrent depuis trop longtemps à ses crocs élimés qui n’auront, ceci dit, fait de toi qu’une bouchée.
Toi, Uchi, un symbole ? Ton bourreau a raison sur ce point, mais il se trompe sur la réalité que ce symbole recouvre. Uchi, si symbole tu es, c’est celui de la déréliction de nos provinces française, que l’on ne connaît que trop. C’est qu’on en vient parfois à mourir d’ennui dans ces contrées, et ça, le vieux squale l’a oublié. Uchi, c’est un peu ce vieux cousin d’un roman de Balzac, morfondu nostalgique d’un lointain inatteignable. Alors, il s’y accroche à son Japon. C’est la bouée sans laquelle il sombre dans les bas-fond d’une solitude noire, qui le voit errer les soirs de pleine lune dans cette ville où le seul restaurant japonais est tenu par des chinois moqueurs. Sa faute : avoir cherché à jouer dans la cour des seigneurs. Mal lui en a pris.
C’est alors que naît l’espoir. On en a vu, de ces enfants exclus des jeux de leurs camarades dans les cours d’école, et qui se réfugient dans un coin, l’âme blessée, et qui ruminent, et qui manigancent d’incensées vengeances, qui conçoivent des sévisses terribles à ces meneurs de troupe qui leur ont donné du bâton.
Uchi : patiente, cultive ta plaie, assaisonne-là s’il-te-plaît, éponge ces larmes ou plutôt, non, récolte-les : que tes mains forment la coupe dans laquelle ta bouche viendra s’abreuver à ton propre vinaigre. Songe au flanc lisse du Dersal, tendre au harpon.
Non, tout espoir n’est pas perdu. On veut le croire.
Par contre.
Le symbole du japonisme le plus niais, le vrai roi du poncif, l’as imbattable des « pseudo-généralités pragmatiques », bref, le plus beau specimen de la « Génération Japon » nous vient également de nos provinces, preuve irréfutable de l’excellence des pépinéries IEP même transplantées loin de la rue saint-dominique. Tobby-du-Japon, avatar incertain d’ une sorte de Roger Hanin du « Bon beurre » qu’on aurait poudré hobereau et qui ouvrirait boutique à Kyoto, la voilà la prise à ferrer, oh sûrement pas la plus belle, convenons-en, mais tout de même. Brandissant sa scandaleuse boîte à bento Goldorack (155 euros Taxes Non Comprises) d’un côté, de l’autre, te signant un billet du feu de dieu sur son blog contestataire, l’avisé génie a bien les pieds sur terre et l’on ne doute pas du succès de sa petite entreprise. Ah, les délices du kimono, et la première gorgée de thé, l’énigme d’un kanji et les bouts de culotte entr’aperçus en contrebas de l’escalator (non, ça, trop grossier, Tobby n’aborde pas).
On l’a, notre bon gros pharmacien Homais, pétri de bon sens et qui apprend la finesse en cours du soir, jonglant entre sa calculette, ses opuscules branchouillards et ses petites fiches Que-Sais-Je.
Il est là, le symbole, l’incarnation suprême du renouvellement générationnel de la petite communauté ; il faut aller humer l’arrogance qu’exsude l’expert-nabot ès japonseries, petit maître hollandais de la remarque subtile et le plus souvent plagiée, coïncée entre deux tranches d’auto-promotion (ne jamais perdre le nord, mon fils !)

Cette note est motivée par les commentaires au billet du 7 décembre 2008 sur le Tokyo-blog. Les termes entre guillemets renvoient à ce billet ou à d’autres du même blog.

http://tokyo.blog.lemonde.fr/2008/12/07/kagurazaka-magazine/#comments

samedi 22 novembre 2008

Les aventures de Tobby au Japon (1) : LA CEREMONIE DU THE



J’arrive chez ces gens, humbles propriétaires qui sentent la vieille friture de poulet. Des boîtes s'entassent entre le plafond et les armoires. De dessous le kotatsu où les deux momies s’installent, les odeurs de cuisses frippées et crasseuses qui remontent. Je vois des cafards partout, comme chez Kafka, ce dégueulasse Pragois.


Immanquablement, je me mets à bander. C’est l’éloge de l’ombre.


Ici, on s'habitue aux blattes chaque année, mais pour servir le thé, c'est un cérémonial, pourtant sans Geiko, sans costume, sans folklore. Les gestes de la petite dame japonaise sont parfaits, naturels, mais Papy pendant qu’elle fait le service ne peut s’empêcher de trifouiller dans son costume trois pièces. Il fait froid dans la cambuse, mais la magnifique tasse en terre cuite est réchauffée avec l'eau bouillante, puis le thé servi. Il est juste parfaitement bon. C’est le Japon éternel, en tremblant un peu de froid, que je renifle. Juste quand Papy pète.


Cette subtilité du goût, dans un thé japonais ou un autre aliment, quand on la décèle, on a l'impression d'avoir compris quelques kanjis.


J’en profite pour lui glisser sous l’kimono, à la vioque, un bon gros vieux doïgt de derrière les fagots. La v’là la daronne qui se met à me murmurer des mots pousse-au-crime : Moi Tobby, j’peux vous assurer que ce qui sort de ma boîte à bento c’est un putain de cobra méchamment violacé et qui ne demande qu’à lui déflaquer à Mami sur l'aine.

Texte amicalement détourné de :
lariviereauxcanards.typepad.com/la_riviere_aux_canards/2008/11/lautomne-est-l.html - )

mercredi 3 septembre 2008

LA RIVIERE AUX CONNARDS


Parmi la profusion de blogs de talents qui foisonnent sur le web, et font valoir avec finesse le point de vue national sur le Japon, il en est un qui se remarque tout particulièrement.

La crasse, la veulerie, la suffisance y ont droit de chapitre à chaque page, fait en lui-même certes insuffisant pour faire de ce blog un cas à part.
Mais par certains traits, traces de frein mentales, et indélébiles, son auteur constitue ce que l'on pourrait qualifier une perle rare.

Il est de ceux qui, de retour dans leur doux Japon après quelques jours mérités de vacances françaises, se plaindront de la piètre qualité du service là-bas. Pensez, il a même failli se faire bousculer par le vendeur du Relay H à Charles-de-Gaulle.

Qu'il ait un peu plus le sourire, le sous-prolétariat français!
Qu'il prenne un peu exemple!
Bordel.

Ben ouais quoi, sous-payés, et le charme en plus! Servez-le de suite, l'illustre rédacteur de La pissotière aux nanards !
Via le discours des fistules en son genre, le Japon d'aujourd'hui prend une valeur paradigmatique que nous n'avons pas fini de subir.

Eh, Pue duK ! T'es passé effectivement à deux phalanges d'une énorme mandale dans ta pauvre tête de raie. Et tu trouves matière à te plaindre? La France, toujours pas un pays à service? Mais toi aussi dans ton genre, mon gros colon, pure survivance de l'éternel petit-bourgeois, tu perpétues la tradition.