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mercredi 21 octobre 2009

A Tokyo et tout autour






à Tokyo et tout autour il y a des Accapareurs
à Tokyo et tout autour il y a des Amphitryons
à Tokyo et tout autour il y a des Anacoluthes
il y a à Tokyo et tout autour des Analphabètes
il y a des Anarco-bayrouïstes
il y a à Tokyo et tout autour des Anthropophages
il y a à Tokyo et tout autour des Apaches
il y a à Tokyo et tout autour des Arlequins
il y a à Tokyo et tout autour des Astronautes d'eau douce
il y a des Autocrates
il y a des 
des Aztèques
il y a des Bachi-Bouzouks
il y a des Bandes de brutes
il y a à Tokyo et tout autour des Bandes de jeunes effrontés
des Bandes de Ku-Klux-Klans
il y a à Tokyo et tout autour il y a des Bandes de rats
il y a des Bandes de voleurs
il y a des Bandes d'ectoplasmes de tonnerre de Brest

il y a à Tokyo et tout autour des Bandes d'emplâtres
à Tokyo et tout autour des Bandes de sauvages
à Tokyo et tout autour des Bandes de zapotèques
à Tokyo et tout autour des Bandits
à Tokyo et tout autour des Bayadères de carnaval
et il y a à Tokyo et tout autour des Boit-sans-soif
il y a des Bougres d'amiral de bateau-lavoir
il y a à Tokyo et tout autour des Bougres de crème d'emplâtre à la graisse de hérisson
il y a des Bougres de mouchards
et des Bougres de petits cornichons
des Bougres de sauvages d'aérolithe de tonnerre de Brest et
des Bougres d'extraits de cornichon
des Bougres d'extrait d'hydrocarbure et des Bougres d'olibrius
il y a des Bougres de faux jetons à la sauce tartare à Tokyo et tout autour
il y a des Bougres de jets d'eau ambulants
il y a des Bougres de malappris
il y a à Tokyo et tout autour des Bougres de marchands de guano
à Tokyo et tout autour des Bougres de phénomènes
et des Bougres de zouaves
il y a à Tokyo et tout autour des Bougres de zouaves d'anthropopitèques
à Tokyo et tout autour des Bougres d'ectoplasmes à roulettes
il y a des Bougres d'extraits de crétins des Alpes
il y a autour, autour, à Tokyo et tout autour des Bougres d'ostrogoths
il y a à Tokyo et tout autour des Brigands
il y a des Brontosaures
tout autour, à Tokyo et tout autour des Brutes
il y a des Bulldozers à réaction
il y a à Tokyo et tout autour des Buveurs d'eau minéral
il y a à Tokyo et tout autour des Cachalots
il y a des Calamités

à Tokyo et tout autour des Canailles
des Cannibales
et des Cannibales emplumés
il y a autour, autour, en plein Tokyo, il y a des Casse-pieds
tout autour, tout autour, à Tokyo et tout autour il y a des Catachrèses
il y a à Tokyo et tout autour des Cataclysmes
il y a à Tokyo et tout autour des Cataplasmes
et des Catastrophes
et il y a des Cercopithèques
il y a à Tokyo et tout autour des Chauffards
il y a à Tokyo et tout autour des Chenapans
il y a à Tokyo et tout autour des Cloportes
il y a à
il y a à
il y a à
à Tokyo et tout autour des Clowns
il y a à Tokyo et tout autour des Coléoptères
il y a à Tokyo et tout autour des Coloquintes
il y a il y a des Concentrés de moule à gaufres
il y a
il y a
il y a il y a à Tokyo et tout autour des Coquins
il y a des Cornemuses
il y a des Cornichons
il y a à Tokyo et tout autour des Cornichons de zouaves de tonnerre de Brest
il y a des Cornichons Diplômés
il y a des Corsaires en plein Tokyo
et des Crétins de l'Himalaya
il y a à Tokyo et tout autour des Crétins des Alpes
il y a il y a des Crétins des Balkans
il y a à Tokyo et tout autour des Cyclones ambulants
il y a des Cyclotrons
il y a des Cyranos à 4 pattes
des Démons
il y a des Diablesses
il y a à Tokyo et tout autour des Diplodocus
à Tokyo et tout autour des Doryphores
tout autour, il y a des Dynamiteurs et des Écornifleurs
il y a tout en plein Tokyo, à Tokyo et tout autour des Ectoplasmes
il y a des Énergumènes
il y a des Épaves
il y a à Tokyo et tout autour des Esclavagistes
à Tokyo et tout autour il y a des Escogriffes
à Tokyo et tout autour il y a des Escrocs
à Tokyo et tout autour il y a des Espèces d'analphabètes diplômés
à Tokyo et tout autour il y a des Espèces d'apprentis dictateurs à la noix de coco
il y a des Espèces de cow-boy de la route à Tokyo et tout autour
il y a des Espèces de cro-magnon
et il y a à Tokyo et tout autour des Espèces de loups-garous à la graisse de renoncule de milles tonnerre de Brest

autour, autour, autour, en plein Tokyo, à Tokyo et tout autour
il y a des Espèces de Vercingétorix de carnaval
et il y a des Espèces d'imitations de chameaux
il y a des Fichues sales bêtes
et des... des Filous
il y a des Flibustiers de carnaval
il y a des...
il y a
 
il y a des... il y a des... il y a à Tokyo et tout autour
il y a des Forbans
il y a des Fourbes
il y a tout en plein Tokyo, à Tokyo et tout autour des Froussards
il y a à Tokyo et tout autour des Galopins
il y a des Gangsters
il y a à Tokyo et tout autour des Gardes-côtes à la mie de pain
il y a il y a des Gibiers de potence
il y a des Graines de chenapan
il y a des Grands lâches à Tokyo et tout autour
des Gredins et des Gros pleins-de-soupe
il y a à Tokyo et tout autour des Grotesques polichinelles
des Homais
des Hurluberlus
il y a des Incas de carnaval
il y a des Invertébrés
à Tokyo et tout autour des Ivrognes
des Jeunes impertinents
il y a des Lascars
il y a des Lépidoptères
il y a à Tokyo et tout autour des Macaques
des Macrocéphales
il y a des Malappris
à Tokyo et tout autour des Malotrus

des Manoeuvres à la graisse de hérisson
à Tokyo et tout autour
des Marauds
des Marchands de tapis
il y a des Marins d'eau douce 
des Maudites bêtes
il y a des Mégacycles
des Mégalomanes
il y a des Mercantis
des Mercenaires
il y a des Misérables
il y a il y a des Mitrailleurs à bavette
à Tokyo et tout autour des Monstres
des Moules à gaufres
à Tokyo et tout autour des Mufles
des Mussolini de carnaval
il y a des... des Naufrageurs
des Négriers
il y a des... des Noix de coco
des Nyctalopes
il y a... des Olibrius
des Ophicléides
à Tokyo et tout autour des ... des Ornithorynques
des Ostrogoths
à Tokyo et tout autour des Pactes-à-quatre
à Tokyo et tout autour il y a des Paltoquets
des Papous des Carpathes
il y a des... des Paranoïaques
des Patapoufs
il y a des... des Perroquets bavards
des Pignoufs


il y a des Pirates du ciel
à Tokyo et tout autour des Pleurnichards
des Polygraphes
de Tokyo de Tokyo de Tokyo des Profiteurs
des Protozoaires
des Pyromanes
il y a des... des Pyrophores
il y a des... des Rabat-joie
des Rapaces
il y a à Tokyo et tout autour des Renégats
des Rhizopodes
il y a des Sacripants
il y a des Sales menteurs
des Sales bêtes
des Saletés d'appareils à sous
il y a à Tokyo et tout autour des Saltimbanques
des Sapajous
à Tokyo et tout autour des ... des Satanés boulotteurs de kilomètres
à Tokyo et tout autour des ... des Scélérats
des Bobos
à Tokyo et tout autour des ... des Schizophrènes
des Scolopendres
à Tokyo et tout autour des Scorpions
des Serpents
en plein en plein
des Sinistres farceurs
il y a tout en plein... des Sombres oryctéropes
il y a des... des Soulographes
des Souris neurasthéniques
il y a des Tchouck-tchouck-nougat
il y a des Technocrates
il y a des Terroristes
il y a des... des Têtes de lard
il y a des... des Tonnerres de Brest
des Topinambours
il y a à Tokyo et tout autour des Tortionnaires
des Traîtres
il y a à Tokyo et tout autour des Tricheurs
des Troglodytes
à Tokyo et tout autour des Va-nu-pieds
il y a des... des Vampires
des Vandales
il y a... des Vermines
des Vers de terre
il y a il y a des Vieux farceurs
des Vipères
à Tokyo et tout autour des Visigoths
en plein en plein des Vivisectionnistes
à Tokyo et tout autour des Volatiles de malheur
des Voleurs d'enfants
à Tokyo et tout autour il y a des... des Zèbres
des Zigomars
il y a des... des Zouaves interplanétaires

Et bien d’autres

Raoul Visage

(note : Raoul nous indique dans une note qu'il a souhaité rendre un hommage croisé à Bernard Heidsieck et à Hergé, et ajoute dans sa générosité que le mot "autour" exprime l'idée d'un cercle au diamètre extensible à l'infin
i... Tout en conservant pour Tokyo, capitale d'un pays "destiné à notre mal et à notre civilisation" - Michaux - le rôle de centre ordonnateur)

vendredi 9 octobre 2009

Le retour automnal de Vasconi



Nos fidèles lecteurs se souviennent peut-être de Loïc Vasconi, qui à la suite d'un article d'Hanamizu, nous avait fait part de ses sensations les plus troubles ressenties lorsque vient l'automne au Japon. Nous n'avions plus de nouvelles de cet être aussi sensible que mystérieux, dont nous dirons pudiquement qu'il est "différent". Quel plaisir ce fût de recevoir de lui ce poème, qu'il dit être inspiré des récentes tentatives de Raoul Visage. Nous sommes émus de la sincérité avec laquelle il relate cette expérience singulière, émus de ce souffle revisitant l'alexandrin, que l'on croyait à tort périmé, par trop corseté. Nerval évoquait les Illuminés ; nous croyons pouvoir affirmer que Vasconi appartient à une autre famille, celle des Hallucinés, même si la mélancolie finale née de l'adieu à l'épanchement du songe dans la vie réelle montre qu'un équilibre semble avoir été in extremis atteint. Raoul Visage, heureux d'être l'inspirateur de ce poème, nous indique qu'il y voit "une ode réussie à la Régression, aussi bien formelle que thématique - voilà un paradoxe qu'il nous reste à penser : il n'existe pas de progrès en art, pourtant des régressions peuvent advenir". Mais laissons la parole au poète et à sa terrible traversée de l'Achéron, en l'occurrence le très onirique étang Shinobazu situé dans le quartier de Ueno.


Surinées par un porc ou par un rabatteur

Par un obscur Jean-Foutre un beauf en débardeur

Se cachent hardiement, sous les lotus malsains

Tout au fond de l’étang des hordes de putains


Allez donc vérifier : apportez votre masque

Vos outils de plongée, votre fidèle flasque :

Blasés que dites-vous d’un beau bal costumé

Chez ces succédanés de catins décédées ?


Pour moi, question oiseuse : j’approuve, je ris, je signe

Vrai, c’est plus dangereux que mille lacs des cygnes !

Mais pourtant dans ce lieu fini le bois bandé :

Sans me faire prier je descends l’escalier


Les érables ardents déteignent sur l’étang

Les sanguines couleurs diffusent lentement

Des méduses en carton font une apparition

Bordées curieusement par des bancs de moignons


Des tranches de barback flottent à la surface

Les putains affamées pour baffrer se surpassent

Ou ingèrent goulues leurs propres excréments

Car c’est bon pour la peau, ça rend intelligent


Des touristes parfois viennent s’encanailler

Ils en repartent heureux mais le zob arraché

Et répondent à l’affront par le jet frénétique

Sur les belles putains de billes métalliques


Elles n’éviteront pas les pauvres courtisanes

Les boulettes pénètrent et se fichent dans leur crâne

Ou traversent leur corps parfois jusqu’aux genoux :

Les putes se bidonnent et éructent « on s’en fout ».


Me voici englouti mais l’esprit souverain :

Ah ! Me voir naître enfin au monde souterrain !


Quel singulier tableau : des sœurs océanes

Se disloquent gaiement privées de toute panse

Leurs aiselles fardées sentent la frangipane

On en oublie fissa toutes les différences


Je titube sans art, quand mes bien-aimées dansent

Sur des rythmes hardis elles miment le dindon

Exhibant culs béants et accueillant girons

Bien que faisant penser à la fosse d’aisance


Bizarre régression, je me plais à songer

Que l’on doit sans douleur, ah, pouvoir trépasser

Une obèse poupée me lit du Ségalen

Moby Dick excité j’harponne la baleine


Mon obscène joystick se réveille et se dresse

Sans tarder s’insinue dans un reste de fesse

Pendant que doucement une demi-mondaine

Avec des nerfs de boeuf me ficelle sans peine


Raison dévole sec dans ce bal enivrant

Tant de spasmes se ruent sur le bout de mon gland

Je sens une douleur venant du bas du dos :

Un zombi inverti m’a percé les boyaux


Infecte sensation ! Je hurle « remboursé » !

C’est ainsi que d’un vit l’anus bien entravé

L’enchantement fait place à une vraie colère

L’humeur n’est certes plus à singer le trouvère


Je reste concentré, ose un doigt cavalier

Mais le vagin denté me le rend lacéré

Un hippocampe vert veut me faire un bandage

Retenez-moi mes frères ou je fais un carnage


Se perdent des bourre-pifs, des torgnoles, des fessées,

Je n’ai plus qu’à meurtrir la chair des macchabés

Puis leur peigner les nerfs avec des god’michés

Et recycler sur eux la chasse au sanglier


Je n’ai pas oublié mon révolver chargé

Mais je crains trop le snipe et la sous-munition

Des fluides bigarrés souillent mon pantalon

Ayez pitié de moi qui vous ai tant aimé


Décidé à punir mes belles amoureuses

Bravant toutes mes peurs je sors ma sulfateuse

Je tire dans le tas, et c’est bien mérité

Place au laid carnaval des chairs éparpillées


Sur ce spectacle affreux résigné je remonte

Vers les rives désolées de ma pénible honte

Devant expier céans mon choix irrévocable

Voici l’heure venue du deuil inconsolable


Je ne t’oublierai pas Shinobazu Iké

Automne japonais bannis mes borborygmes

Mon rêve trucidé je ne peux que sombrer

Dans les eaux cramoisies de la vie sans énigme


jeudi 8 octobre 2009

Le Quadrille du K.K.


"J'ai créé **** sous forme de KK il a 7 ans. A cette époque, il fallait débourser 3 millions de yens pour ce faire, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui." (lu sur l'internet)


J'ai créé mon entreprise
Sous forme, écoutez-moi bien,
De K.K., ne vous la frise
(Et nul sous-entendu freudien).

Sous forme, écoutez-moi bien,
De petite crotte grise
Que m'envient tant de plébéiens
Quand ils ne sont pas fin ivres ;

De K.K., ne vous la frise
Ce qui demande de l'entretien
Surtout en ces temps de crise :
Fuyons les crypto-staliniens.

Et nul sous-entendu freudien :
Cette aventure me grise
Plus que frayer avec les chiens,
Tous ces losers qui m' les brisent.

Raoul Visage

mardi 6 octobre 2009

GRANDEUR ET DECADENCE D UN BARON DU FLEUH


I


Non, jamais on n’a vu goret

Si classe ; Versace l’porcinet

Arbore Rolex au poignet,

Âme de Médor.

Le Japon ? C’est son jardinet

Plus et encore

« Otakus : pouvez radiner !

Faites gaffe je mords

A même vos tendres mollets.

Moi suis l’plus fort !

Tombent dans ma crécelle

Les yens ; demoiselles

Montrez vos aisselles

Sniff !Déodorant ?

M’monte à la cervelle

Ton minois rebelle

Ton cul et ton bec

J’mangerais ton bran.


II


J’ai fait mon trou dans cette forêt

de kanjis, exotiques et

Tokyo n’a pour moi plus d’secret.

Même Branledor,

Ce puits de science, un tantinet

Parfois m’endort,

Comme ces étroits sadinets

Que je n’perfore

Qu’avec dégoût,oui, ça y est :

Ca sent la mort.

Fini d’jouir des belles

Plus l’coeur d’rouler pelles

Ma pine bat flanelle

Orages déments

Qui crèvent le ciel

Tout m’est bagatelle

Alors j’offre à sec

Mon derrière aux manants.


III


Comme un beau cerf en rut, traqué

Par Ayako, par Megumi

Anonymes et tendres branlées

Regaillardi

Ces mains dans la Yamanote !

Si ça me dit !

Aussitôt farfouillant culottes

痴漢 !(Un cri)

J’ai mis qu’un doigt

Mikado de soie

Pas chic les gars

Me v'la à bondir

On hurle après moi

Je cours, plein de joie

de feu et d’émoi

Enfin en finir

Sans faim m’avilir.


IV


Au milieu du cercle lynché

Ils frappent, frappent, frappent, c’est l’hallali

De cuir, la fine main gantée,

Noire, se saisit

-Tandis qu’un Hercule m’enmenotte-

De mon délit,

Tranche, et m’l’enfourne en la glotte

Plein de dépit

De désarroi

Je mâche, je broie

Râles-mourir

On serre les courroies

J’ai peur et j’ai froid

Je dis « aidez-moi »

Mille paupières d’ire

Mon regard expire ».


RAOUL VISAGE

dimanche 4 octobre 2009

Rondel


A François Durcet, en amitiés, en admirations...



Ma bouche à la sienne collée

Drôle de silhouette de vieillard

Mauve obsession ce soir

Ma main sous sa jupe plissée


Si fort m’a donné le braquemard

Que je me dresse, dos courbé

Ma bouche à la sienne collée

Drôle de silhouette de vieillard


Va pour un tour de balançoire

J’aime la jupette voir s’envoler

Sous les faux-cils, iris violets

Akané, à ses lèvres boire

Ma bouche à la sienne collée.
-------------------

Virelai




Mon vit intensément forcit
Pour ce rendez-vous fleuri
Je vais te lustrer le derrière

Mon sonotone toujours bien mis
Le monotone panique et fuit
Je vais te lustrer le derrière

Cela sentira fort le roussi
Derrière l'ambassade de Russie
Je vais te lustrer le derrière

-------------------------------------


Triolet du Poil Dru





Que vite repoussent mes poils !

Qu'ils croissent rudes durs et drus,

Et au Diable ceux qui se poilent ;

Que vite repoussent mes poils.

Mon corps se chauffait à ce poêle,

J'avais la grâce de Landru ;

Que vite repoussent mes poils !

Qu'ils croissent rudes durs et drus.


Raoul Visage

mardi 28 juillet 2009

Atelier d'écriture Syndrome de Tokyo.


Compte rendu de l’atelier d’écriture du Syndrome de Tokyo, 28 juillet 2009.

Séance numéro 1 : « à la manière de S. Barbery »

Animée par : Ulrich Sardouin

Participants : Carlos Fomembaum, Raoul Visage, Romain Concombre

Lieu : Villa Kuyojama

Consigne : Sur un rythme syncopé, exprimer l'authenticité de son expérience du Japon, en n’excluant pas l’effet de vérité du lapsus. Ne pas oublier que le signifiant est universel. Les principaux traits du «modèle b1 » devront apparaître : anaxialisme, wabi-sabi, sémio-fractalisme, coupe, encadrement, authenticité, kami-karma, gaîté, harmonie, noblesse, esprit de sérieux, pathos, prétention.


Texte nº1 :


« Le poil tokyoïte »

Tokyo
Ville à
Poil
Dénudée transpa-
Rante ultra-prop’
Ville tâche
D’huile glab’
Qui suinte le
Trop net (centre
Commercial
Kipu
Et brille comme
La nuit mon Q)
Arbres et jardins
Ne s’passent pas long-
Temps d’kwafeur
Toky'ôt’ pwal
Qui vante
Evente
L’hygiène du non-poil
Poil inter-dit même
Dans l’industru du 木
Trouduc cru
Bien né
Pilé
D’ou pas d’poil
Ni d’rémoulade de poils
パ de poilade
Et femmes à barbe lynchées
A Mejiro par des
Robots fluos
Qui leur balancent
Dans l’blaze
Des gros Gillettes
& d’la tartiflette
Ah les flippettes
Tokyempale tout rési
Du d’poil
Du réséda
Fôksaglis’
Poil déserteur
Non grata
L’prurit du pourtour
Avec 1 dwa
Chattes & d’soud’bra
Toujours impeccables
Sauf 1 jour
Une nana chouette
Branchée roupettes
Et métonymie
Aisselles fournies
Et pénil glabre
(Bande bande bande mon Ralouf !)
Ah j’oubliais
Naturellement àTokyo
Chassop’
Wal dans l’âme hein
T’es pas là pour t’le lustrer
Mais pour faire du chiffre
Capito enculé !
Ah brave ville 2daube
肉冷める’
Cimer’ Albert
Merci Jean-Guy
Défonce-me the caca box
Quickly

(Carlos Flomembaum)

Avis d'Ulrich Sardouin : Vous "forcez" peut-être le style de S.B., sans qu'on puisse vous le reprocher. Prometteur. Attention : la fin semble un peu gratuite.



Deuxième texte :


"Transversalité de la poutre"

Marre de cette vie de foutriquet
De ce marasme de limaçon
A la douceâtre odeur de pet
Privé de joie privé de fion

Ferme un peu ton vieux clapet
Clipe-moi le sexe et les roustons
Fais-moi l'amour comme un criquet :
Baisse donc vite ton pantalon

Adieu, vulgaires vulves en furie !
Je ne jure plus que par le vit
Briseur de boîte à caca
Après un lavement au coca

Par la salutaire sodomie
L'enchantement revient fissa :
Finis les relents de vomi
De l'existence de paria.

(Raoul Visage)

Avis d'Ulrich Sardouin : Hors-sujet, consigne non-respectée. Dommage car votre poème, d'un lyrisme risqué, est émouvant et retrouve d'inattendus accents zutiques.


Troisième texte :


"PAS DE KLEENEX POUR NATSUE"


Au carrefour Jimbo-chô
Magazine érotique
Aux oreilles de Jumbo
La fille est asiatique

Je tourne à gauche
Maroquineries
Boutiques à ski
Que des boudins moches

(Au Japon, personne à part un cinglé de Gaijin n'oserait traverser en
dehors des passages piétons ou en désobéissant aux feux)

Je pique un sprint mais personne ne claquesonne.
En courant,
J'agrippe la menotte de Natsué
→direction slip
↓pas de bol j'ai sué.

Au bureau Makoto fait la tronche.
Hiroaki lui a pas fait sa feuille de rose.

Ce Terakoshi-san, reprend Hiroaki (au gros kiki) de son ton pas pressé
(deux plombes m'a-t-il fait endurer pour que je lui enfile son petit
trou serré), aurait reçu une avance considérable de la part des
éditions Aïkoku-Shobô pour rédiger un essai biographique sur Yukio
Mishima et François Durcet.
Là-dessus, Natsué mouille en rêvant s'empaler sur mon vit tandis que
je lui lis du Feuillade.

Shigebumi
s'est quant à lui un tantinet chié dessus :
Harumi mal bondée
la poupée s'est dégonflée :
séance photo foirée.

Du coup, je passe mes nerfs sur qui (et sans gaieté) ? Natsué.
Je la prends par le col.
Elle prend ma verge, se penche et commence à sucer. Elle se dépense en
de rapides mouvements de tête d'avant en arrière, à la mode calumet
magique fumé à l'iroquoise.
Moi, narquois, je me remémore ma première fellation par tonton Georges
(Natsué assure aussi mal) :
"Oh et puis je me laisse faire... Plutôt que de buter péniblement contre
un vagin trop jeune, trop étroit".
Et je lui balance quoi ?
une pinte de sperme dans le fond de la gorge. Pardi.

Elle tousse.
Le visage de Natsué pendant nos ébats m' a paru très peu japonais.
La batarde,
en plus ose s'essuyer ses lèvres où perle
quelques gouttes nacrées de ma semence
avec CINQ KLEENEX.

(Romain Concombre)

Avis d'Ulrich Sardouin : De la part d'un auteur de polars renommé, beaucoup de surprenantes maladresses dans ce récit de vie (pour le moins inspiré, et que l'on espère farci d'éléments fictionnels) mais que son absence de concession et de complaisance rend touchant. Une verve à dégrossir. Cependant, si les détestables autofictions avaient cette saveur, cette brièveté et cette hésitation entre prose et vers, sans doute ne nous écœureraient-elles plus. En l'état actuel, cela reste un morceau de bravoure qui manque de souffle.